Israël - Palestine, le West-Eastern Divan Orchestra et Daniel Barenboim.

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Le blog que j'anime depuis le permier août de cette année, indique clairement que je suis islamo-critique et non "phobe", comme la majorité de la dissidence se déclare, il me semble être plus flexible sur le sujet mais sans concession pour les violences des intégristes, qu'ils soient sunnites ou chiites. Je persiste à penser que l'islam est incompatible avec l'Occident. L'islam est l'islam et il y a les êtres humains, "Menschen" comme on dit en allemand, les musulmans, qui pratiquent cette religion avec plus ou moins de ferveur. En 2015, je dirai avec plus de ferveur, laquelle ferveur devient envahissante, puisqu'elle n'est plus ferveur religieuse, mais revendication politique. Des revendications naissent les exigences et ainsi de suite, pour étouffer toute résistance à sa progression. Certes, ce sont des minorités qui s'agitent, qui poussent au crime, sans que la majorité proteste, fataliste. C'est bien ce que l'on peut reprocher à cette majorité silencieuse, laquelle pourrait balancer du côté de sa minorité, si l'on n'arrête pas la progression de cette agitation et de ces revendications. C'est l'islam qui doit s'adpater à la France et à l'Europe et non le contraire, comme c'est en train de se produire sournoisement. Ce préambule étant précisé, je voudrai en venir à l'objet de cette chronique annoncée en titre.

C'est donc un juif, Daniel Barenboim, né en Argentine, bi-national, qui a les passeports Israëlien et Palestinien, un immense pianiste universellement connu, chef d'orchestre, à la mémoire musicale unique, on ne le verra jamais diriger un orchestre avec l'aide d'une partition, qui a fondé cet exceptionnel Orchestre Symphonique, Le West-Eastern Divan Orchestra, avec Edward Said, un chrétien américano-palestinien, en 1999 à l'occasion du 250ème anniversaire de Goethe, à Weimar. La particularité de cet Orchestre Symphonique est de réunir des musiciens Israëliens, Palestiniens et désormais ce sont des Syriens, Jordaniens, Libanais et Egyptiens qui rejoignent l'Orchestre. Ils sont environ 80 musiciens de grande qualité.

Barenboim ne fait pas de politique. Il est juste un homme engagé, qui essaye à son niveau d'artiste universellement célèbre, de montrer que l'on peut réunir des "Menschen" sensés se hair, pour se retrouver autour de la musique et de grands compositeurs. Et cela marche. La qualité de l'Orchestre est exceptionnelle sous sa direction, plus exceptionnelle encore, parce qu'il est composé de juifs et d'arabes musulmans, qui s'écoutent, échanges et aboutissent dans des symphonies parfaites. 

Barenboim n'a pas froid au yeux, rien ne lui résiste. Par exemple, lorsqu'il décide de se rendre à Gaza pour jouer avec 25 musiciens de la Staatskapelle de Berlin, du Berliner Philharmoniker, du Wiener Phiharmoniker, de l'Orchestre de Paris et de celui de la Scala de Milan. Des musiciens qui n'avaient jamais joué ensemble. Ils ont du passer par l'Egypte pour se rendre à Gaza. Arrivés à l'aéroport de Gaza, comme les contrôles de passeports duraient une éternité, Barenboim décide de répéter, "la petite musique de nuit" de Mozart en plein aéroport, devant les passagers et personnels médusés, enchantés, les visages éclairés de bonheur. Pour les musiciens ce fut un moment inoubliable dans leur vie. Si le concert a put avoir lieu, après avoir été annulé, c'est grâce à l'ambassadeur de Palestine en Egypte, qui a décidé le Hamas de faire entrer l'orchestre. L'Ambassadeur a eut ces mots très émouvants: "Habituellement, lorsque l'on veut venir en aide aux Palestiens, on leur envoi des médicaments, de la nourriture, comme pour les animaux au zoo. Daniel Barenboim, lui, nous a traité en êtres humains, il nous a apporté la culture et la musique."

A voir ces Palestiniens, femmes et hommes, au nombre de 700 dans la salle de concert et Barenboim de leur tenir un discours de paix, sans aucune orientation politique quelconque, c'est assurément un instant émouvant.  C'est un homme qui ne se fait aucune illusion. Mais il a souligné qu'il avait les deux nationalité, pour montrer que l'on peut-être les deux. A la fin de la représentation, le public Palestinien s'est levé, les visages éclairés de bonheur, en une bruyante standing ovation. 

Un idéaliste, ce Barenboim me direz vous. Certes, mais lui au moins essaye de faire des choses. Et quelles choses ! En Egypte, au Caire, il a dirigé l'Orchestre Symphonique du Caire, estimant que c'est à travers la musique que le lien peut-être entretenu entre l'Occident et le Moyen Orient troublé car, le jour ou l'orchestre ne pourra plus jouer, cela signifiera que l'Egypte sera tombée dans l'obscurantisme islamique. "C'est ce qu'il faut éviter à tout prix" lance Barenboim avec force. Alors, les esprits chagrins l'accuseront de gôchisme, bisounours et autres colibets. Ils oseront certainement le traiter d'islamo-collabo. En attendant, c'est un homme impressionnant de volonté, de générosité. Un artiste infatigable, d'une hauteur qu'aucun autre n'a jusqu'à présent atteint, à part Toscanini qui s'opposait ouvertement à Mussolini et Hitler.  

J'en terminerai pour le féliciter d'avoir brisé le tabou de Wagner en Israël. Cela n'a pas été facile. Il a osé, il a réussi. 

Je rend hommage à cet homme exceptionnel, doublé d'un immense artiste universel, pour lequel le mot humanisme semble avoir été créé tout exprès. 

En lien, vous apprécierez le West-Eastern Divan Orchestra à Ramallah ! 

Hildegard von Hessen am Rhein

 

 

 

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