Des Arabes au service de la Grande Musique, pont entre deux cultures, oui, c'est possible !

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Les connaisseurs et amateurs de Grande Musique, j'ai horreur de dire "musique classique", sont informés de l'existence de l'excellent Orchestre West-Eastern Divan fondé par Daniel Barenboim, composé de merveilleux musiciens Israéliens et Palestiniens. Une initiative d'apaisement dans ce conflit israelo-arabe. Ils sont devenus "frères d'armes à coups d'archets" ! 

Le grand chef Allemand, Kurt Mazur, déclarait il y a bien longtemps déjà, chez Charlie Rose, meilleur interviewer US, que la Grande Musique serait sauvée par l'Asie. Et, en effet, nous le constatons, des orchestres symphoniques d'une haute qualité existent, au Japon, comme celui de la NHK, sous la direction en ce moment de l'ami Paavo Järvi, moindialement célèbre chef Estionien, également Directeur Musical de l'Orchestre de Paris, ou en Chine d'où nous viennent des musiciens virtuoses célèbres, comme le pianiste Lang Lang ou sa merveilleuse collègue féminine, Yuya Wang, ou le Coréen virtuose du violon, Young Dae. Sans oublier le célébrissime et flamboyant chef d'orchestre Indien, Zubin Mehta ! Je ferai une mention spéciale pour l'ami Turc Fazil Say, un des plus grands pianiste de sa génération, juste pour souligner qu'il est musulman, non de ceux qui bavent de fureur et qui fut par deux fois condamné par le régime Erdogan pour blasphème, alors qu'il n'avait fait que citer le grand poète Omar Khayyam. 

Ils sont si nombreux et talentueux à servir la Grande Musique, qu'en dresser une liste exhaustive deviendrait aussi long que la bible ! 

Voilà qu'au Maghreb des formations de Grande Musique voient le jour. Au Maroc, nous avons depuis 2007, l'Orchestre Symphonique Royal du Maroc dirigé par le Tatare, Oleg Reshetkin. La République Tatare est de confession sunnite. 

Sur le modèle de Barenboim, Farid Bensaid, d'origine Marocaine, qui fit ses études d'ingénieur en France, devenu homme d'affaires, pour ensuite les abandonner et se consacrer à sa passion, la Grande Musique et lancer la création de cet orchestre qui réuni des Algériens, Marocains et Tunisiens, ainsi que des artistes venus d'ailleurs, sous le nom d'Orchestre Symphonique du Maghreb.  

Ces musiciens du Maghreb sont réunis sous la baguette de l'excellent chef d'orchestre d'origine Tunisienne, Faiçal Karoui, qui dirige depuis des années avec bonheur, l'Orchestre Symphonique de Pau, dont la qualité est reconnue. Bensaid a également convaincu Amel Brahim-Djelloul, native d'Alger, qui poursuit une magnifique carrière de soprano lyrique et la pianiste Marocaine, Dina Bensaid, à participer à l'inauguration de ce nouvel orchestre ! Les reportages sur cet événement considérable sont jubilatoires. C'est en effet un événement considérable dans ces temps troublés entre pays musulmans et occidentaux. Des ponts se créent grâce à la Grande Musique qu'il faut féliciter, encourager. Des avancées de compréhension entre deux cultures antagonistes qui sont rendues possibles par la Grande Musique. Aucun autre art n'a la puissance de réunir avec "symphonie" des êtres humains si différents, que la Grande Musique. Quand l'islam montre un visage barbare, il faillait souligner que d'autres musulmans, ouverts, éclairés montrent un visage humain, qui n'a rien de commun avec la violence d'une partie des leurs. 

Je leur souhaite le plus flamboyant des succès car, ils vont se produire en France pour vous interprêter le Requiem de Verdi, le 19 janvier 2016 au Théatre de Longjumeau et le 20 janvier 2016 à l'Eglise Saint Eustache à Paris, ou je me précipiterai, espérant que mes lecteurs feront de même, s'ils aiment la Grande Musique ! 

Hildegard von Hessen am Rhein  

 

La pianiste Marocaine Dina Bensaid, la soprano Algérienne, Amel Brahim-Djeloul et le chef d'origine Tunisienne, Faiçal Karoui. La pianiste Marocaine Dina Bensaid, la soprano Algérienne, Amel Brahim-Djeloul et le chef d'origine Tunisienne, Faiçal Karoui.

La pianiste Marocaine Dina Bensaid, la soprano Algérienne, Amel Brahim-Djeloul et le chef d'origine Tunisienne, Faiçal Karoui.

Les instruments ne sont pas encore au point, la direction est un peu raide, mais l'orchestre a le mérite d'exister et c'est une bonne chose.

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