La descente aux enfers de la presse allemande.

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Depuis 2014, la presse mainstream allemande est en chute libre. Les citoyens se détournent, non seulement des éditions papiers, mais aussi des sites de ces mainstreams. Ce qui se passe en Allemagne est énorme. « Lügenpresse » (presse menteuse), c’est l’expression la plus répandue parmi les lecteurs d’outre Rhin. Slogan que l’on entend également régulièrement dans les manifestations de PEGIDA, qui s’étendent désormais dans un grand nombre de villes allemandes, pour se développer en Autriche et prochainement dans 16 pays européens. Les citoyens-lecteurs allemands, s’organisent sur les réseaux sociaux, FB, YouTube, pour appeler au boycott de la presse mainstream. Le résultat est foudroyant. En septembre 2015, six quotidiens et magazines sont en chute libre. En octobre, ce fut la descente aux enfers. En Allemagne le phénomène est désigné comme « l’effet Ulfkotte ». Udo Ulfkotte était rédacteur en chef de la FAZ qu’il a quitté, prit de remord d’être corrompu, il révéla dans un bestseller, comment la CIA corrompt la presse allemande dans le but de manipuler l’opinion.

La baisse d’audience de ces médias fut déclenchée, entre autre, par le titre ressenti par les lecteurs allemands comme indigne lorsque le Spiegel titrait en juillet 2014 en première page : « Stoppt Putin jetzt » (Arrêtez Poutine maintenant).

Suivi d’un autre numéro du même magazine, qui incrustait sur le portrait de Vladimir Poutine au regard inquiétant le titre : « Le voisin dangereux », Vladimir Poutine et l’impuissance de l’Occident. 

Ce qui provoqua l’ire des allemands et une réplique en forme de pastiche du Spiegel, DER wache BÜRGER (LE CITOYEN EN VEILLE) « Stoppt Putin jetzt ! » (Arrêtez Poutine maintenant) fut transformé en « Stoppt Spiegel jetzt ! ». (Arrêter le Spiegel maintenant).

La célèbre revue CICERO, titrait le 29 avril 2014 : « L’orgueil après la chute » et dénonçait dans le chapeau de l’excellent article de Alexander Kissler : « Les journaux meurent. La raison en est, que l’on écrit totalement hors sol. En particulier sur les sujets qui concernent la Russie ou sur Akif Pirinçci (accusé de manière manipulée d’avoir tenu des propos incitant à la haine raciale, durant une manifestation PEGIDA à Dresden). Ce n’est pas ainsi qu’il convient de traiter les lecteurs.  (Pirinçci est un auteur germano-turc célèbre en Allemagne).

Pourtant, malgré cette débâcle, la nuit de la Saint Sylvestre, en toute connaissance de cause, ces mêmes médias, ainsi que la télévision publique ont dissimulé durant des jours les taharrushas qui se sont tenues sur tout le territoire allemand. Ce qui n’a fait qu’augmenter la méfiance et le rejet absolu des allemands pour leur presse.

Ce peuple qui refuse de voir disparaître son pays, veut un rapprochement avec la Russie. A l’heure où Merkel ne tient qu’à un fil, les mainstreams ne se ressaisissent toujours pas. Il faut croire que la CIA, complice des Néocons, se tient toujours puissamment derrière cette « Lügenpresse » allemande. Le dernier des méfaits manipulateurs contre le Président Poutine est, que la « Lügenpresse » bêle derrière ses collègues américains qui titrent que le Président Poutine est corrompu jusqu’à la moelle. Venant de l’empire le plus corrompu du monde, comme le déclarait l’année dernière Jimmy Carter lui-même, il faut le faire.

Il s’agit de nuire à tout prix au Président Poutine, qui représente, selon les Néocons, dans les mains desquels Obama n’est qu’une marionnette, lesquels Néocons ont encore neuf longs mois pour nuire à la paix du monde, en accélérant la crise ukrainienne, qu’ils ont fomentée avec, en totale soumission, l’Union Européenne. Si Trump devait être élu, le glas du règne des Néocons aura sonné et le monde pourra enfin souffler. 

Enfin, comme la presse allemande, contrairement à la France, n'est pas subventionnée, les éditeurs de journaux et de magazines refusent par principe toutes aides financières directes, estimant vouloir garder leur indépendance, sur la base de l'offre et de la demande. Ce qui prête à rire, lorsque l'on sait que cette presse, du moins pour la plus influente,  est sous le joug de la CIA!

Les lecteurs allemands ne sont plus dupes. Ils se détournent définitivement des mainstreams et vont chercher l’information sur d’excellents sites de ré-information. Peut-on comparer nos deux pays ? Il me semble que oui.

« Soutenons la liberté de la presse, c’est la base de toutes libertés, c’est par là qu’on s’éclaire mutuellement. » Voltaire.

Hildegard von Hessen am Rhein

La descente aux enfers de la presse allemande.
La descente aux enfers de la presse allemande.La descente aux enfers de la presse allemande.La descente aux enfers de la presse allemande.

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Jean-Bernard Brisset 31/01/2016 10:30

Cher Madame Hildegard,
Merci infiniment pour cet article et ce qu'il révèle sur la presse allemande. J'avoue tomber des nues car la comparaison que je faisais avec la presse française me rendait très partial vis à vis de la presse d'Outre-Rhin. Mais, du fait de mon allemand assez basique, je dois avouer que ma préférence était plus visuelle qu'intellectuelle. J'ai tendance, en effet, à juger de la qualité d'un journal par la surface de texte comparée à la surface picturale, le Figaro étant pour moi un exemple type de mauvaise presse. Depuis plus d'un an, je n'arrivais pas à m'expliquer l'hostilité de la classe politique et des media à l'égard de Poutine. Votre article m'a ouvert les yeux sans toutefois me surprendre sachant qui se cache derrière les grands media américains et qui gouverne le monde. Je suis heureux d'apprendre que nos frères allemands se sont enfin réveillés, comme le suggère votre article. Je conclue de votre nom d'emprunt que vous êtes une admiratrice d'Hildegard von Bingen que je vénère également.
Cordialement,
Jean-Bernard Brisset

Copyright: toute reproduction des articles doit mentionner le nom de Hildegard von Hessen am Rhein. 31/01/2016 12:09

Bingen et moi ne sommes pas de la même famille. Merci pour votre commentaire.