PAUL GRAIG ROBERTS SUR LES CRIMES DES ADMINISTRATIONS AMÉRICAINES DEPUIS CLINTON JUSQU'À OBAMA !

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PAUL GRAIG ROBERTS SUR LES CRIMES DES ADMINISTRATIONS AMÉRICAINES DEPUIS CLINTON JUSQU'À OBAMA !

Chères lectrices, chers lecteurs,

Si je me suis encore une fois donné la peine de vous traduire cette remarquable analyse de Craig Roberts, ancien conseiller du Président Reagan, journaliste, écrivain, historien,  qui vous plonge au coeur du pouvoir des administrations américaines, c'est pour vous informer que le monde est tout simplement mal barré, que cette administration est dangereuse pour la paix du monde depuis l'administration Clinton et qu'il faudra vraiment croiser les doigts pour que Donald Trump remettre de l'ordre dans le bordel de cet empire qui transpire le cynisme, le fascisme mondial.  A la lecture de cette passionnante analyse, l'on peut se poser des questions sur une éventuelle présidence d'un Trump. Comment cet homme seul, avec son seul argent, pourrait-il faire face à une telle meute ?  Fascinant de découvrir comment fonctionnent les administrations américaines ! Les pressetituées françaises feraient bien de ne pas rester paresseusement le cul sur leur chaise. Mais à la lumière de cette analyse, on peut supposer qu'il ne faut pas alarmer le lambda ... Quelle bande de chacals cyniques et irresponsables ! La fin de cette analyse est très amère et quelque part oui, elle fait peur. Mais, je veux croire que Trump évoquera cette décomposition et y mettre un terme. 

Hildegard von Hessen am Rhein

 

Traduction: Hildegard von Hessen am Rhein

 

Il n'y a pas grande chose qui reste d'une gauche américaine jadis vibrante. Parmi les vestiges aux cerveaux lavés, il y a une telle haine de Richard Nixon et Ronald Reagan, que les engagements de ces deux Présidents à avoir mis fin aux rivalités militaires restent non reconnues. Lorsque j'écris sur les invasions illégales d'autres pays, inaugurées par Clinton, Georges W. Bush et Obama, les points de vues de gauche sur le Chili, Nicaragua et la Grenade, rien n'a changé. Dans les années 70 et 80, Nixon et Reagan on réduits les tensions de la guerre froide. Nixon a courageusement négocié les accords de réduction d'armes nucléaires avec l'Union Soviétique et a engagé l'ouverture avec la Chine. Reagan a négocié avec Gorbatchev la fin de cette dangereuse guerre froide. Au début du régime Clinton, la doctrine néoconservatrice des US comme puissance unilatérale sur le monde a ressuscité les tensions entre les pouvoirs nucléaires.

Clinton a jeté aux oubliettes les engagements de Reagan et de Georges H.W. Bush pour étendre l'OTAN à travers l'Europe de l'Est et amener l'alliance militaire aux frontières de la Russie. 

Le régime de Georges W. Bush s'est retiré du traité sur les missiles antibalistiques, a révisé la doctrine de guerre US, afin de permettre des attaques nucléaires préventives, a négocié avec les vassaux Est européens l'installation de missiles antibalistiques aux frontières de la Russie, dans l'intention de neutraliser la dissuasion nucléaire russe en apportant à la Russie des problèmes de sécurité majeurs. 

Le régime Obama a fomenté un coup contre un gouvernement allié de la Russie, l'Ukraine, territoire traditionnellement russe et a imposé un gouvernement russophobe comme le vassal de Washington. Puis, se tournant vers la Chine, Washington annonce le "pivot de l'Asie" avec l'intention de contrôler la navigation dans la mer du sud de la Chine. 

Additionnés, les régimes Clinton, Georges W. Bush et Obama ont fomenté des guerres à travers le monde. De la Yougoslavie, la Serbie, en passant par le Moyen Orient, l'Afrique, le sud de l'Ossétie et maintenant l'Ukraine. 

L'idéologie néoconservatrice a pris son essor, suite à la chute de l'Union Soviétique. La doctrine avait besoin de nouveaux ennemis, dans le but d'éviter de réduire les effectifs du complexe militaro-sécuritaire. La quête de Washington à garder son empire est le danger principal pour elle même et chacun sur cette planète. Contrairement à Clinton, Georges W. Bush et Obama, Nixon et Reagan combattait le complexe militaro-sécuritaire. Nixon s'est ouvert à la Chine et signa des accords de réductions des armes avec les Soviétiques. Reagan a négocié la fin de la guerre froide avec Gorbatchev. Initiatives présidentielles que n'appréciait guère le complexe militaro-sécuritaire. La gauche comme la droite accusaient Nixon et Reagan de viles machinations. L'aile droite des Républicains estimait que Nixon et Kissinger vendaient l'Amérique aux communistes et que les intriguants soviets tireraient avantages de Reagan, cet acteur de films anciens. "Les communistes" assuraient-ils, "ne comprennent que la force." Nixon et Reagan se sont concentrés à éliminer les rivalités dangereuses et ces trois intriguant - Clinton, Bush et Obama - ont ravivé les rivalités. Ceux qui refusent de voir ces différences étonnantes, sont aveuglés par les préjugés et leur lavage de cerveaux. 

Dans cet article, je décris les aspects non appréciés des présidences Nixon et Reagan. Ce que je fournis est ni une justification ou une dénonciation, mais une explication. Je vous soumets ce que Patrick Buchanan, qui était à la Maison Blanche avec les deux présidents, m'écrit en réponse à mes explications:

"Craig, tu es mort sur ce que tu écris sur les deux, Nixon et Reagan et ce qu'ils ont cherché à faire durant leurs présidences. Reagan parlait souvent de ces "horribles armes" désignant le nucléaire. J'étais à Reykjavik avec lui et fus étonné d'apprendre au Hofde House, que Ronald Reagan voulait les commercialiser intégralement. Et quand, des années après, Tom Wicker écrivait favorablement sur la présidence Nixon, il intitulait son livre avec exactitude: "L'Un des nôtres". Nixon a cherché toute sa vie l'approbation de l'establishment (pré-néocon). Je suis immergé dans un nouveau livre basé sur mes expériences et notes à la Maison Blanche et tout au long du fil, je le presse (Nixon) à être et à devenir une sorte de président conservateur comme je l'aurai aimé et qu'il ne fut jamais. Un grand merci pour avoir mentionné "The Greatest Comeback", qui couvre la période lorsque j'étais proche de Nixon. Bien cordialement, Pat". 

Ecrire pour les américains n'est pas toujours une expérience heureuse. Un grand nombre de lecteurs souhaitent voir leurs préjugés confirmés et non défiés. Ce sont les émotions qui dictent leur raison et ils sont capables d'une résistance déterminée aux faits et sont sans complexes à exprimer leur ignorance et leur grossièreté. En effet, certains sont si fiers de leurs défauts qu'ils piaffent d'impatience à les montrer aux autres. Certains ne savent simplement pas lire et font la confusion entre explications et justifications, comme si l'acte d'expliquer quelque chose justifiait la personne ou l'événement expliqué. Heureusement que tous les lecteurs ne sont pas aussi handicapés, sinon cela ne vaudrait plus la peine d'essayer d'expliquer et d'informer le peuple américain. 

Récemment, dans une colonne, j'ai utilisé quelques exemples sur les scandales de l'ère Clinton, pour faire un point sur les médias, mettant en exergue que les médias et le peuple américain étaient plus intéressés par les escapades sexuelles de Clinton, ou ses choix de caleçons, que par le grand nombre d'anomalies associées à des événements sérieux comme l'attaque de Oklahoma City, Waco, la mort mystérieuse d'un conseiller à la Maison Blanche, les sanctions contre l'Irak qui ont coûtés la vie à 500.000 enfants, comme cette guerre illégale contre la Serbie. Des Reaganophobes répondirent de manière infantile, protestant que ces mêmes standards devraient être appliqués à "mon Ray-Gun chéri" pour ce qui concerne Clinton. Ces lecteurs étaient incapables de comprendre que l'article n'était pas sur Clinton, mais comment les médias font dans le sensationnalisme sans importance dans le but de distraire l'attention d'événements sérieux. Ces exemples de l'ère Clinton furent utilisés car aucune question n'incarnait mieux le niveau de l'intérêt public américain pour la vie politique que cette jeune femme posant la question: "short ou slip". Je doute que les journalistes et historiens soient capables de fournir une compréhension fidèle des différentes présidences. Même ceux qui étaient personnellement impliqués ignorent les raisons pour lesquelles ces choses se sont passées. J'ai participé à de nombreuses réunions à la Maison Blanche, desquelles chaque participant partait avec une compréhension différente de la politique du président. Ce n'était pas un manque de clarté de la part du président, mais ils cherchaient à interpréter les choses selon leurs intérêts variés. Un grand nombre d'Américains voient la Maison Blanche comme un repaire de pouvoir où il suffit de claquer dans les doigts pour que les choses prennent forme. Le fait est, que les présidents n'ont qu'une petite idée de ce qui fuit des cabinets et agences fédérales qui constituent "leurs" administrations. Beaucoup de partis du gouvernement sont des empires en soi. L'ouvrage: "Deep State" produit par un membre senior du Congrès, Mike Lofgren, explique que personne n'est comptable auprès de personne. Et même une partie comptable du gouvernement ne le serait pas. 

Par exemple, le flux d'informations des cabinets de départements comme la défense, l'Etat et le Trésor, arrivent chez des secrétaires assistants, qui contrôlent, trient le flux d'informations pour transmettre aux secrétaires, lesquels informent le président. (Secrétaire ayant une autre signification qu'en France, il s'agit de conseillers). Les fonctionnaires peuvent interpréter une information à leur façon, les assistants secrétaires d'une autre et les secrétaires encore différemment. Lorsque les secrétaires rapportent les informations au chef d'Etat Major de la Maison Blanche, l'information peut encore une fois être interprétée. 

De mon temps, avant que Georges W. Bush et Dick Cheney fondèrent le département qui sonnait comme la Gestapo de la sécurité intérieure, le Service Secret rapportait à l'assistant secrétaire du Trésor, qui n'avait aucune compétence pour évaluer la fiabilité de l'information. Alors, le Service Secret rapportait ce qui convenait au Service Secret de transmettre. Ceux, qui pensent que "le président sait" peuvent tester leurs convictions en essayant de regarder les informations quotidiennes de tous les départements et agences du gouvernement. Il est de notoriété publique que les PDG de grands groupes, dont la taille est relativement petite en comparaison au gouvernement US, ne peuvent connaitre tout ce qui se passe dans leurs organisations. 

Nixon: un scélérat ou réformateur centriste ? 

Je ne suis pas particulièrement cultivé sur les mandats de nos différents présidents. Cependant, je suspecte que les mandats de Nixon et Reagan sont les moins compris. Ces deux présidents avaient plus d'opposants idéologiques parmi les journalistes et historiens, qu'ils n'avaient de défenseurs. En conséquences, leurs histoires sont falsifiées par leurs opposants idéologiques qui imposent une mémoire différente de ce qu'elle est en réalité. Par exemple, comparez votre point de vue sur Richard Nixon avec le portrait qu'en fait Patrick Buchanan dans son dernier livre: The Greatest Comeback. L’on n’est pas obligé d'être d'accord avec le point de vue de Buchanan sur ces années, ou avec la manière dont Buchanan essaye de positionner Nixon dans certains dossiers, pour apprendre beaucoup de choses sur Nixon. Buchanan peut s'égarer sur certaines choses, mais il n'est pas malhonnête. Pour un politicien, Nixon était un homme très cultivé. Il voyageait à travers le monde, visitait les chefs d'Etats étrangers. Nixon était le plus au fait de nos présidents sur la politique étrangère que nous n'avons jamais eut. Il savait plus qu'Obama, Bush 1 et Bush 2, Clinton, Reagan, Carter, Ford et Johnson réunis. La gauche libérale a créée une image de Nixon qui le montre comme un paranoïaque cachottier avec une longue liste d'ennemis, cependant Buchanan montre que Nixon était exclusivement rassembleur avec un large éventail de conseillers. Cela ne fait aucun doute que Nixon avait des ennemis. Un grand nombre de ceux là agissent encore contre lui bien après sa mort. En effet, c'était bien l'inclusivité de Nixon qui rendait les conservateurs méfiants. Afin de garder les conservateurs dans son camp, Nixon utilisait leur rhétorique et la rhétorique de Nixon nourrissait la haine parmi la gauche libérale. La tendance à se concentrer sur les mots plus que sur les faits est une autre indication de l'irréalité de la compréhension de la politique américaine. Les US n'ont probablement jamais eut de président aussi libéral que Nixon. Nixon allait à contrecourant des conservateurs et a inauguré la Environmental Protection Agency "EPA" (L'agence de protection pour l'Environnement) par décret présidentiel. Il a soutenu le Clean Air Act (Loi sur l'Air Propre) de 1970. Nixon a fédéralisé l'aide médicale pour familles pauvres avec enfants et a proposé un mandat aux employeurs privés d'accorder la sécurité sociale à leurs employés. Il a aboli la ségrégation dans les écoles publiques et a mis en œuvre le premier programme d'action affirmatif fédéral. Il déclarait "qu'il n'y avait pas de place sur cette planète pour un milliard d'humains les plus capables, à vivre dans un terrible isolement". Nixon a inauguré l'ouverture avec la Chine communiste. Il a mis un terme à la guerre du Vietnam et a remplacé le contingent par une armée de volontaires. Il a rétablit les échanges commerciaux avec l'Union Soviétique et a négocié avec le leader Soviétique, Brejnev, le traité du contrôle de l'armement et le traité des missiles antibalistiques en 1972, qui a duré trente ans, jusqu'à ce que le régime néoconisé de Georges W. Bush viola et déchira le traité en 2002. Ce sont des accomplissements étonnants pour un président, particulièrement un Républicain. Mais si vous interrogez les américains sur ce qu'ils connaissent de Nixon, la réponse est, le Watergate et sa démission contrainte. En d'autres mots, c'est une preuve supplémentaire que tous les médias américains nous mentent. Les médias US ne sont plus indépendants. Ils sont des créatures serviles qui tournent en vérités des mensonges par des répétitions sans fins. Je suis convaincu que l'ouverture de Nixon vers la Chine et les traités de contrôles de l'armement, ainsi que la réduction des tensions avec l'Union Soviétique, menaçaient le pouvoir et les profits du complexe militaro-sécuritaire. Le Watergate était une orchestration destinée à éliminer la menace que Nixon représentait. Si vous lisez attentivement le reportage de Woodward et Bernstein dans le Washington Post, il y a un manque d'informations précises flagrant. A la place d'informations, ils ont utilisé des mots qui ont créé la présence d'une sinistre atmosphère imputée à Nixon. Il n'y avait rien dans le scandale Watergate qui justifiait l'impeachment de Nixon, mais sa politique libérale aliénait les Républicains conservateurs. Les Conservateurs n'ont jamais pardonné à Nixon d'avoir été sur la même longueur d'onde que Tchou en Lai, que Taiwan était partie intégrante de la Chine. Lorsque le Washington Post, John Dean, ainsi qu'un enregistrement disparut ont plongé Nixon dans les ennuis, les Conservateurs ne sont pas venus à son secours pour le défendre. La gauche libérale était folle de joie, estimant qu'il ne l'avait pas volé car, vingt ans auparavant Nixon avait soutenu les révélations dans les poursuites contre l'espion à la solde soviétique, Alger Hiss. Je n'affirme pas que la gauche n'a aucune raison légitime à être hostile à Nixon. Nixon voulait se sortir du Vietnam "avec honneur" afin de ne pas être abandonné par les Conservateurs. Il refusait de devenir le président qui aurait contraint l'armée US d'accepter la défaite. Il voulait terminer cette guerre, sinon par la victoire alors par une impasse, comme en Corée. Nixon et Kissinger ont donné carte blanche à l'armée pour produire une situation qui sortirait les Etats Unis "avec honneur". Le résultat fut des bombardements fomentés en secret sur le Laos et le Cambodge. Le déshonneur de ces bombardements a annulé la sortie dans l'honneur. L'ère Reagan est également incomprise. Tout comme le président Jimmy Carter, qui était considéré comme un outsider par l'establishment Démocrate de Washington, Ronald Reagan l'était par l'establishment Républicain, dont le candidat était Georges H.W. Bush. Tout comme la présidence de Carter fut neutralisée par l'establishment de Washington par une machination du Directeur du Budget de Carter et du chef de l'Etat Major, Reagan fut partiellement neutralisé avant sa prise de fonction par l'éviction de deux conseillers nationaux en sécurité loyaux à Reagan. 

Les priorités de Reagan et celles de l'establishment. 

Lorsque Reagan a remporté la nomination des Républicains, il lui fut signifié que, même s'il avait vaincu l'establishment dans les primaires, les électeurs ne viendront pas à son secours à Washington. Qu'il ne doit pas faire l'erreur de Goldwater qui évitait l'establishment Républicain, mais prendre à ses côtés un des leurs comme vice-président. Sinon, l'establishment Républicain travaillerait à le défaire pour l'élection présidentielle, comme Rockefeller l'avait déjà fait pour couler Goldwater. 

En tant qu'ancienne star du cinéma, Nancy Reagan attachait une grande importance à l'apparence. L'équipe californienne de Reagan était plutôt haute en couleur. Lyn Nofziger, par exemple, portait une barbe et nouait sa cravate de manière lâche, si toutefois il en portait une. Il se déplaçait en chaussettes dans son bureau. Lorsque Nancy aperçut Jim Baker, l'homme de Bush, elle en conclu que ce Baker, correctement vêtu, devait être la personne qui devait figurer aux côtés de son mari lorsque des photos seraient prises. En conséquence, le premier mandat de Reagan était opérationnel avec la collaboration du plus capable des fidèles de Bush comme chef de cabinet de la Maison Blanche. La mise en oeuvre du programme de Reagan fut un combat rendu difficile par la présence comme chef de cabinet d'un représentant de l'establishment Républicain. Par cela je ne veux pas affirmer que Jim Baker était malveillant et souhaitait nuire à Reagan. Pour un membre de l'establishment Républicain, Jim Baker était un homme très intelligent et était une personne difficile à détester. Le problème avec Baker était double. Il ne faisait pas parti de l'équipe Reagan, ne comprenait pas ce que nous voulions faire, ni les raisons pour lesquelles Reagan fut élu. Les Américains voulaient en terminer avec la stagflation qui avait nuit à la présidence de Jimmy Carter et ils étaient las de cette éternelle guerre froide avec l'Union Soviétique, ainsi que de la menace persistante d'une guerre nucléaire. Ce n'est pas que Baker, via Bush, était personnellement opposé à ces buts. Le problème était que, si bien l'establishment Républicain ou Démocrate, n'était pas pressé à résoudre les problèmes, dans le but de satisfaire les intérêts particuliers ce certains groupes liés à l'establishment. Pour l'establishment, garder le pouvoir est une priorité. Il est clair que dans les deux camps, les Anglos de mon temps, desquels Georges H.W. Bush était le dernier des représentants, furent remplacés par les néocons. Les néocons représentent une idéologie de soutien à des groupes d'intérêts particuliers, comme le lobby israélien. L'establishment Républicain et la Réserve Fédérale ne comprenaient pas la politique économique de Reagan. Durant la période qui suivit la seconde guerre mondiale, la réduction des impôts était associée avec la politique keynésienne de management macroéconomique, par rapport à la demande croissante globale. L'administration Reagan avait hérité d'une inflation élevée et les économistes, Wall Street, ainsi que l'establishment Républicain, comme le directeur du budget de Reagan, David Stockman, ne comprenaient pas la politique de l'offre comme un stimulant à la demande des consommateurs qui conduirait une inflation déjà élevée à explosion. Ajouté, que les conservateurs au Congrès étaient obsédés par la pensée, que la politique de Reagan pourrait empirer le déficit, ce qui était, selon eux, le pire de tous les maux. La politique économique de Reagan était mise en place non pour augmenter la demande globale, mais pour augmenter la réserve globale. Au lieu d'augmenter les prix, c'est le rendement et l'emploi qui augmenteraient. Ce fut une manière radicalement nouvelle d'utiliser la politique fiscale pour renforcer l'incitation à produire, plutôt que de gérer la demande globale. Au lieu d'aider les gens à comprendre cette nouvelle politique, les médias ridiculisaient et interprétaient de travers cette politique, la qualifiant de "vaudou économique" et de "réduction des impôts pour riches". Ces interprétations erronées sont toujours en vigueur, trente ans après. Cependant, la politique de l'offre a été partiellement mise en oeuvre. Ce qui fut suffisant pour en terminer avec la stagflation et fournir une base pour le succès économique de Clinton. Ce qui a également fourni une base économique, qui a rendue crédible la stratégie de Reagan à contraindre les Soviets, à choisir entre une course à l'armement ou la négociation de la fin de la guerre froide. 

La fin de la guerre froide et les mauvais conseils de la CIA.

Le but du président Reagan à terminer la guerre froide,  contrariait les deux, Conservateurs et le complexe militaro-sécuritaire. Les Conservateurs alertaient contre ces malins Soviets, qui allaient décevoir Reagan et tirer avantages des négociations. Le complexe militaro-sécuritaire considérait que le but de Reagan à en terminer avec la guerre froide était une menace comparable à l'ouverture de Nixon vers la Chine et les traités de limitation d'armes avec l'Union Soviétique. Le président Kennedy avait, lui aussi représenté une menace à ces intérêts puissants,  lorsqu'il a réalisé, à partir de la crise des missiles cubains, que les Etats Unis devaient mettre fin à la confrontation nucléaire avec l'Union Soviétique.

Grâce au succès de sa politique économique qui a remit les US sur pieds, Reagan eut l'intention de forcer à la négociation les Soviets pour terminer cette guerre froide, par une course aux armements que leur économie ne pourrait suivre.  Donc, la CIA conseillait à Reagan que, s'il renouvelait cette course aux armements, il l'a perdrait, puisque l'économie soviétique est centralisée dans les mains des leaders soviétiques et que, contrairement à Reagan, ils pourront consacrer autant de fonds que nécessaire pour gagner cette course. Reagan n'a pas crut la CIA. Il a créé un comité présidentiel secret, qui aurait l'autorité d'enquêter sur les affirmations de la CIA sur ce dossier et il m'a engagé dans ce comité. La conclusion du comité était, que la CIA avait tort. Reagan nous a toujours dit qu'il ne souhaitait pas gagner la guerre froide, mais y apporter un terme. Il disait que, la seule victoire qu'il voulait, était d'en terminer avec la menace nucléaire. Il n'avait pas envie de brandir le scalp des soviets. Comme Nixon, dans le but de garder les conservateurs autour de lui, il utilisait leurs rhétoriques. Les principales ambitions du président Reagan étaient d'en finir avec la guerre froide comme avec la stagflation. Je peux me tromper, mais je ne crois pas que son attention était retenue par d'autres sujets. On a voulu présenter à Reagan, que des interventions étaient nécessaires à la Grenade contre les Contras et au Nicaragua, afin de montrer aux soviétiques qu'ils ne pouvaient plus avancer davantage, afin de les forcer à la table des négociations et en  finir avec la menace nucléaire. Contrairement aux régimes de Georges W. Bush et d'Obama, l'administration américaine n'avait pas le but d'un empire américain universel qui exerce son hégémonie sur le monde. La Grenade et le Nicaragua ne faisaient pas partie d'une politique de construction de l'empire. Reagan a comprit leur message au Soviets: "n'avancez pas davantage, négocions." Les Conservateurs voyaient les mouvements réformistes à la Grenade et au Nicaragua comme une subversion communiste. Ils étaient convaincus que ces mouvements se rallieraient à l'Union Soviétique, afin de provoquer des situations équivalentes à Cuba. Même le président Carter s'opposait à l'instauration d'un gouvernement de gauche au Nicaragua. La Grenade et le Nicaragua avaient des gouvernements plus réformistes qu'inspirés par le communisme, et, l'administration Reagan aurait dû les soutenir, mais ne pouvait pas à cause de l'hystérie des Conservateurs américains. Reagan était conscient que, si sa circonscription le considérait comme étant "mou sur le communisme", il ne serait pas en mesure d'obtenir le soutien interne dont il avait besoin pour négocier avec le Kremlin la fin de la guerre froide.

Quand l'Amérique joue avec la politique étrangère

Les gouvernement occidentaux soutiennent et participent aujourd'hui aux invasions de Washington, ce qui n'était pas le cas avant. L'invasion de la Grenade fut critiquée par les gouvernements canadien et britannique. Les US durent utiliser leur veto au conseil de sécurité des Nations Unies, afin de se protéger d'une condamnation pour "violation flagrante des lois internationales." Les sandinistes au Nicaragua étaient des réformateurs opposés à la corruption du régime Somoza qui répondait aux intérêts des entreprises et financiers américains. Les sandinistes suscitaient la même opposition de Washington, comme c'est le cas de chaque gouvernement réformiste d'Amérique Latine. Traditionnellement, Washington a toujours considéré les réformateurs de l'Amérique Latine comme des révolutionnaires marxistes et a toujours renversé ces gouvernements réformateurs dans l'intérêt de la United Fruit Company ou autres intérêts privés, qui possèdent d'importantes holdings dans ces pays, dont les gouvernements sont peu représentatifs. La politique de Washington était et est toujours de courte vue et hypocrite. Les Etats Unis devraient avoir des alliés avec des gouvernements représentatifs. Cependant, aucun président américain, aussi sage et bien intentionné eut-il été, n'aurait put être un sujet pour les intérêts des grands groupes US connectés politiquement et la peur de plus de Cubas. Souvenez vous de la confession du Général des Marines, Smedley Butler, que lui et ses hommes ont servi en Amérique Latine pour la United Fruit Company et "quelques investissements pourris pour le compte de banquiers."

L'information, c'est le pouvoir.

Les américains, même les plus informés, surestiment considérablement la connaissance des présidents et la neutralité des informations qui leur sont transmises par les différentes agences et conseillers. L'information étant le pouvoir, Washington leur fourni les informations qui convient à Washington. A Washington les programmes abondent et aucun président n'est à l'abri de ces programmes. Un Secrétaire de cabinet, un Directeur du budget ou un chef d'Etat Major de la Maison Blanche qui connait les rouages de Washington, qui possède des alliés dans les médias, est capable d'inverser, de modeler un programme indépendamment des préférences du président. L'establishment préfère un président fallot, une personne sans expérience pour le faire encadrer par des aides sa chantes qui le serviront. Harry Truman était de ceux-là, comme Obama qui était malléables entre les mains de l'Establishment. Si vous lisez The Untold History of the US (L'histoire jamais dévoilée des US) de Oliver Stone et Peter Kuznick, vous constaterez que l'Establishment Démocrate, lorsqu'il réalise que Franklin Delano Roosevelt ne survivra pas à son quatrième mandat, écartera son populaire vice-président, Henry Wallace, pour installer l'inconséquent Truman. A travers Truman, le complexe militaro-sécuritaire pouvait créer les conditions de la guerre froide.  

De mal en pis

Les transgressions des lois, durant les années Nixon et Reagan étaient mineures, comparées aux crimes de Clinton, Georges W. Bush et Obama. Et furent punies. Nixon fut contraint de partir et un nombre de hauts fonctionnaires de l'administration Reagan furent poursuivis et condamnés. Ni Nixon, ni Reagan n'auraient put passer outre simultanément de la Constitution et de la loi Statutaire en balayant l'habeas corpus, autorisant et justifiant la torture, l'espionnage sans mandat et l'exécution de citoyens US sans procès régulier. En outre, contrairement aux régimes Clinton, Bush et Obama, l'administration Reagan poursuivait ceux qui entraient en conflit avec la loi. L'assistant du Secrétaire d'Etat, Elliot Abrams fut poursuivi, Le Conseiller National à la Sécurité, Robert McFarlane fut poursuivi, le Chef de la CIA, Alan Fiers fut poursuivi, le Chef des opérations spéciales de la CIA, Clair George, fut poursuivi. Richard Secord fut poursuivi. Le Conseiller National à la Sécurité, John Poindexter fut poursuivi. Oliver Norh fut poursuivi. La condamnation de North fut annulée par le président Georges H.W. Bush qui graciait d'autres. Cela dit, l'administration Reagan tenait ses agents responsables devant la loi. Depuis Reagan, aucun président n'a tenu le gouvernement pour responsable. Clair Georges a été condamné pour avoir menti aux comités du Congrès. Richard Secord fut condamné pour avoir menti au Congrès. Pareil pour John Poindexter. Alan Fiers, lui, fut condamné pour avoir dissimulé des informations au Congrès. Comparez ces condamnations avec celle de James R. Clapper aujourd'hui. Le président Obama a promut Clapper, Directeur de l'Agence Nationale le 5 juin 2010 en déclarant que Clapper " possède la qualité que je reconnais à tous mes conseillers: la volonté de dire aux dirigeants, ce que nous devons savoir, même si ce sont des choses que nous n'avons pas envie d'entendre." Avec un tel soutien, Clapper put mentir sous serment, ce qui est un crime. Clapper n'a ni été inculpé, ni même poursuivi. Il n'a même pas été congédié ou contraint de démissionner. Pour les fonctionnaires de l'exécutif, le parjure est désormais une banalité. La destruction de l'Etat de droit et d'un gouvernement qui doit rendre des comptes s'étend jusque dans les états et aux niveaux locaux. La police ne sert plus le public, ni le protège. Les confrontations les plus dangereuses que rencontrent les américains avec la police, sont les brutalités sans motifs et même, la police se permet d'abattre des citoyens dans leurs rues et leurs maisons. Avoir un badge de police s'apparente à un permis de tuer et la police en abuse. Durant la guerre en Irak, il y a eut plus d'américains assassinés par la police que de morts au combat. Rien n'est fait contre cela. Le pays va vers les élections et les abus que doivent subir les citoyens US par "leur" police ne sont pas un sujet. Ni les interventions illégales de Washington dans les affaires de pays souverains, ou l'espionnage qui contrevient à la constitution, qui viole la vie privée des citoyens. Le fait est que Washington est en train de monter une autre guerre au Moyen Orient, n'est pas non plus un sujet dans cette élection. Aux Etats Unis, la primauté du droit a disparut et avec elle, la liberté. A quelques exceptions prêts, les américains sont trop ignorants ou peu concernés pour changer tout cela. Plus l'Etat de droit est laissé de côté, plus ce sera difficile de le rétablir. Tôt ou tard, la primauté du droit ne sera plus qu'un souvenir. Aucun candidat à la prochaine élection ne fait de la primauté du droit un sujet. Les américains sont devenus un peuple mesquin et divisé, gouverné par de petites haines, qui sont faciles à monter les uns contres les autres par leurs dirigeants. 

Paul Craig Roberts

Traduction: Hildegard von Hessen am Rhein

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