EN GUERRE, LES LOIS DE LA GUERRE DOIVENT S'APPLIQUER. LA MORT ET NON DES EXCUSES !

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  • Les faits montrent que toutes les « excuses » données pour expliquer le terrorisme sont erronées. Israël, par exemple, n'est pas coupable de « crimes de guerre », « d'apartheid » ou de « génocide » comme des propagandistes en ont persuadé les Européens. Israël se bat contre un ennemi qui viole toutes les règles des conflits armés et Israël réplique avec une telle précision et une telle éthique que les nations alliées redoutent de ne pouvoir être à la hauteur des normes morales des forces armées israéliennes la prochaine fois qu'ils feront la guerre.

  • Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu'une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d'extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l'État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d'être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade ».

  • La question n'est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique et les projeter par solidarité, mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n'a toujours pas trouvé de simples lumières bleues et blanches pour projeter le drapeau d'Israël sur un espace public.

Le lendemain de l'attentat terroriste de Bruxelles, les couleurs du drapeau belge ont illuminé des monuments au Royaume-Uni. Une partie de la presse britannique a critiqué le pays. Pourquoi, a-t-elle demandé, cette cérémonie bien-pensante, devenue traditionnelle, s'est-elle tenue le lendemain de ces attaques et pas le soir-même ? Pourquoi avons-nous eu un jour de retard alors que d'autres villes avaient pu faire immédiatement un geste de « solidarité » ? Voici ce qu'est notre époque. Voici ce que sont nos questions.

 

Le soir qui a suivi les attaques terroristes de Bruxelles, des établissements publics en Grande-Bretagne, comme la National Gallery de Londres (à gauche) et l'Hôtel de Ville de Manchester (à droite), ont été illuminés aux couleurs du drapeau belge.

 

Si on peut se poser une question ici, ce n'est pas de savoir pourquoi il a fallu plus de vingt-quatre heures au Royaume-Uni pour trouver des lumières aux couleurs de la Belgique mais pourquoi, après soixante-sept années de terrorisme, le Royaume-Uni n'a toujours pas trouvé les simples lumières bleues et blanches qu'il faudrait pour projeter le drapeau d'Israël sur un espace public.

Ce n'est pas comme s'il n'y avait pas eu des tas d'occasions. Les ennemis d'Israël nous ont donné bien plus d'occasions pour des affichages lumineux que ce qui a été offert à ceux qui se sont entichés de lumières par les disciples de l'État Islamique.

On pourrait soutenir qu'au cours des sept dernières décennies l'attitude du public a changé, que les gestes futiles de « solidarité » font fureur mais que ce n'était pas le cas pour les générations précédentes. Cela aurait peut-être été du jamais vu pour une institution britannique de projeter un faisceau de lumières aux couleurs du drapeau israélien sur des édifices en 1948, 1967 ou 1973. Mais quand le sentimentalisme est arrivé en Grande-Bretagne, il est arrivé en force. Si cela ne nous avait pas encore atteints lors de la première Intifada (1987-1993), c'était certainement devenu le cas lors de la seconde Intifada (2000-2005).

Pendant cette période des milliers d'Israéliens ont été tués et blessés par des terroristes palestiniens. Il n'y eut pourtant aucune projection du drapeau israélien sur des édifices publics. À nouveau, pendant la guerre du Hezbollah de 2006 les monuments n'ont pas été éclairés, il en a été de même après chaque tir de roquette lancé sur Israël depuis la bande de Gaza, évacuée récemment pour permettre aux Arabes qui s'y trouvent de créer le Singapour ou la Côte d'Azur du Moyen-Orient.

Quand Israël est attaqué les marches qui mènent aux ambassades d'Israël à Londres ou dans d'autres capitales européennes ne sont pas couvertes de fleurs, d'ours en peluche ou de bougies, ni de messages de condoléances griffonnés. En fait, chaque fois que des Israéliens sont attaqués et assassinés il y a bien des réponses devant les ambassades d'Israël. Elles ont tendance à être moins obsédées par les ours en peluche, elles consistent en foules vociférant leur rage contre Israël et devant être retenues par la police locale pour ne pas faire preuve de plus d'antagonisme encore.

Il est possible que certains pensent qu'Israël n'est tout simplement pas sur le même continent que l'Europe et que, bien qu'elle est essentiellement une société occidentale, nous ne nous en sentons pas suffisamment proches. Chaque fois qu'une atrocité terroriste est commise en Europe, il y en a toujours qui demandent pourquoi le deuil, disons pour Paris ou Bruxelles, est plus marqué que pour Ankara ou Beyrouth.

Mais la question Paris/Bruxelles est rarement posée, voire jamais, à propos de Jérusalem. On pourrait laisser de côté les grandes considérations et dire que c'est parce qu'en Israël les victimes sont juives. Mais il y a aussi une explication qui est toute aussi exacte. C'est qu'Israël est considéré comme différent parce que lorsqu'Israël est attaqué par des terroristes, pour un grand nombre en Occident, Israël n'est pas considéré comme étant une victime innocente. On le considère comme un pays qui, d'une certaine manière, a pu attirer cette violence sur lui.

Les soi-disant excuses données pour cette opinion peuvent varier, allant d'objections au fait qu'il y a des fermes sur les hauteurs du Golan au refus par Israël de permettre que des armes destinées à le détruire soient déversées dans la bande de Gaza. D'autres incluent les « colonies » israéliennes en Cisjordanie, tout en ne tenant pas compte du fait que pour la plupart des Palestiniens la totalité d'Israël, « de la rivière - du Jourdain- à la mer –Méditerranée- », est, comme ils le disent, une grande « colonie », qui doit être exterminée, comme cela est ouvertement exprimé dans la charte du Hamas et celle de l'OLP. Ni l'une ni l'autre n'a été abrogée. Si l'on regarde n'importe quelle carte de « Palestine », on voit en fait une carte d'Israël, mais avec « al-Qods » au lieu de « Jérusalem » et « Jaffa » au lieu de « Tel Aviv ». Pour ces Palestiniens, il n'y a, en fait, qu'un seul délit fondamental : l'existence de l'État d'Israël elle-même.

Cette parcelle de terre, pourtant, que cela ait été Canaan, le Croissant Fertile et la Judée Samarie, est la patrie des Juifs depuis près de 4000 ans, en dépit des Romains, de Saladin, de l'Empire ottoman et du Mandat britannique.

Ce qui demeure, ce sont les faits. Et ce que montrent ces faits est que toutes ces « excuses » données pour expliquer le terrorisme sont erronées. Israël, par exemple, n'est pas coupable des « crimes de guerre », « d'apartheid » ou de « génocide » comme des propagandistes en ont persuadé les Européens. Israël, bien au contraire, se bat contre un ennemi qui viole toutes les règles des conflits armés et Israël réplique avec une telle précision et une telle éthique (comme l'a conclu le Groupe Militaire de Haut Niveau dans son évaluation du conflit de Gaza de 2014) que les nations alliées redoutent aujourd'hui de ne pouvoir être à la hauteur des normes morales des forces armées israéliennes la prochaine fois qu'ils feront la guerre.

Israël, comme le reste de l'Occident, essaie de trouver une façon légale et morale de répondre à un ensemble de tactiques terroristes illégales et immorales. Il est également faux de dire que les ennemis d'Israël ont un contentieux territorial légitime. Ils ont déjà la totalité de la bande de Gaza et, s'ils voulaient la plus grande partie de la Cisjordanie, ils auraient pu l'obtenir à peu près à n'importe quel moment depuis 1948, y compris à Camp David en 2000. Chaque fois ce sont les Palestiniens qui ont refusé toutes les offres, sans même faire de contre-propositions.

Pourtant, aux yeux de nombreux Européens, Israël est considéré comme ayant fait quelque chose qui justifierait les attentats suicide. Que cela soit dit ou pas, c'est cet argument qui fait que le terrorisme contre Israël est un délit moins grave que le terrorisme partout ailleurs.

Eh bien, quel choc devra subir le reste du monde un jour. Parce que si on autorise qu'une « excuse » soit donnée pour une représentation faussée d'extrémistes islamistes, il faudra alors en autoriser pour les autres. On devra, par exemple, accepter la parole de l'État Islamique, pour qui la Belgique est une nation de « croisés », qui mérite d'être attaquée car elle est impliquée dans une « croisade » contre l'État Islamique en Irak et en Syrie (ISIS). On devra accepter que pour avoir résisté aux extrémistes islamiques au Mali et en Syrie, ces extrémistes islamiques ont le droit d'attaquer les gens en Belgique, en France, au Sierra Leone, au Canada, aux États-Unis et en Australie.

On devra accepter que des Européens puissent être tués pour avoir publié une caricature, simplement parce que un groupe terroriste étranger le dit et puis accepter que les caricaturistes l'ont bien cherché.

Les ennemis d'Israël et les ennemis du reste du monde civilisé ont des différences mineures mais ils ont beaucoup plus en commun. Ils sont motivés, non seulement par les mêmes idéologies djihadistes mais aussi par le fait qu'ils insistent sur le fait que leur vision politique et religieuse du monde ne vaut pas que pour eux mais doit être mise en œuvre contre tous les autres.

Cela peut prendre un certain temps avant que nous en prenions conscience, mais nous sommes tous dans le même bateau. Cela peut prendre aussi un certain temps avant que les villes européennes aillent prendre ces ampoules bleues et blanches, mais si nous commençons à demander où sont passés ces ampoules, nous pourrions non seulement comprendre dans quelle situation difficile se trouve Israël, mais aussi comprendre quelle est la nôtre aujourd'hui.

Douglas Murray est analyste et chroniqueur, il est basé à Londres.

 

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