L'islam selon Richard Millet !

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04/04/2016

Chronique n°57

Maroquins

 

 Sortant du RER à Saint-Michel Notre-Dame (accumulation de saints Noms qui me donne toujours l’impression de monter vers la lumière), je manque de marcher sur quelques feuilles du journal Libération, répandues là par un lecteur négligent, ou par le vent qui souffle dans ces infernaux couloirs. J’aime, d’ordinaire, m’essuyer les pieds sur les quotidiens de la grande Soumission française : ils ne méritent pas mieux ; et s’il m’arrive de prendre Le Figaro, journal socialiste de centre droit, au bar de l’hôtel Bedford, c’est surtout en prévision des légumes que j’éplucherai dans la semaine : il y a d’ailleurs plus à lire dans les épluchures de légumes que dans toute la presse officielle. Je n’ai pas posé le pied sur Libération (je laisse aux imbéciles le soin de dire « Libé », ce qui témoigne d’une connivence d’ilotes) : c’est qu’il y était question d’Imre Kertesz, écrivain considérable, malgré le prix Nobel, et dont le décès continue la série enclenchée non par la mort de l’insignifiant Luc Bondy (dont il ne reste, notez-le, déjà plus rien) mais par celles de Boulez, Scola, Rivette, Eco, Tournier, Zulawski, et dans une moindre mesure le romancier populaire Jim Harrison et, pourquoi pas, Johann Cruyff.

            Dehors, le boulevard Saint-Michel avait quelque chose de sinistre, sous la pluie d’avril, avec ses mendiants roms établis là à perpétuité, entre une agence bancaire et une officine de Starbucks, et aussi avec des lycéens et des étudiants qui se rêvent en gauchistes pour ne pas admettre qu’ils ne sont que des petits-bourgeois incultes et aliénés, ce qui se remarque à leur mine, plus morose encore que celle des Roms, quoique persuadés par le gauchisme culturel et le personnel syndical (ultimes survivances des trognes soviétiques, notamment le leader de la CGT, qui semble une farce vultuaire de l’Histoire) : tous dressés contre la loi sur le Travail, le plus souvent nommée loi El Khomri.

            J’avoue que la souriante Mme El Khomri, toute socialiste qu’elle est, me deviendrait presque sympathique à cause de la quasi unanimité haineuse dont elle fait l’objet à propos d’une loi qui, fort mesurée dans ses dispositions et allant dans le bon sens, qui est de sortir l’ « espace France » de la gangue socialo-communiste où elle végète depuis soixante ans : les jeunes s’y opposent parce qu’ils veulent un « avenir » clés en mains – l’avenir étant, cependant, ce qui est dépourvu de clés et qui dépend autant du hasard que de la volonté, une volonté dont la plupart des jeunes Français sont également dépourvus.

            Ce qui me gêne, dans cette affaire, ce n’est pas qu’une réforme échoue (gouverner, en France, c’est reculer devant trois syndicalistes et dix étudiants qui braillent dans la rue) ; c’est surtout qu’une loi aussi importante puisse porter un nom arabe : n’est-ce pas là un signe, parmi tant d’autres, de l’islamisation de la République ? Davantage : si l’on se rappelle que le maroquin de l’Education post-nationale est détenu par une ministresse d’origine marocaine, comme Mme El Khomri, on se trouve devant une sur-représentation ethnico-minoritaire qui va à l’encontre de la discrimination positive chère à la droite ultra-libérale. Les leçons qu’on en pourrait tirer tomberaient sous le coup de la Loi ; aussi les tairai-je.

            Pendant ce temps, le capitalisme mondialisé a compris quels profits on peut tirer de la soumission féminine à l’ordre islamique qui s’installe en Europe : de grandes marques de prêt à porter créent une mode islamique, sans que cela dérange vraiment les populations, à l’exception de la courageuse Elisabeth Badinter. On peut y voir un nouveau signe de défaite pour les femmes, pour la pensée, la nation, le christianisme et, surtout, le triomphal accomplissement du Programme par lequel l’Union européenne a vendu au capitalisme islamo-anglo-saxon les nations qu’elle regroupe sous la bannière de l’idéologie multiculturelle, dont voici une des directives officielles : « L’intégration est un processus dynamique à double sens d’acceptation mutuelle ». On ne saurait le dire avec plus de jésuitisme, le pléonasme « processus dynamique » montrant l’irréversibilité de la chose.

Richard Millet

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