Panama Papers, pas le scoop de l'année, mais le flop du siècle !

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Panama Papers, pas le scoop de l'année, mais le flop du siècle ! 

C'est ce qu'un journaliste allemand, Jens Berger, analyse brillamment et c'était bien ce que je ressentais également. D'ou le buzz de mon article sur Boulevard Voltaire: C'est Georges Soros qui finance les Panama Papers. Ce fait bien entendu minimisé par le Monde, dont Le Monde Afrique est justement sponsorisé par Georges Soros. 

Cela fait plaisir de se voir conforté par des professionnels sérieux, compétents et indépendants, qui savent immédiatement détecter les ficelles, lorsqu'elles sont trop grosses, surtout, lorsque les mainstreams du globe, à savoir, ceux qui appartiennent au grand capital se liguent pour en particulier atteindre une cible qui vient déranger leur projet du Nouvel Ordre Mondial, Vladimir Poutine, dont j'attends avec impatience la riposte qu'a annoncé un site russophone en langue anglaise ! Et comme la ficelle est tellement énorme, j'apprends par un autre site que le Président Poutine lutte depuis des années contre les paradis fiscaux ! En lien.

On risque de se marrer dans le Landernau mondialisé ! 

Mais voici pour l'instant l'excellente analyse de Jens Berger, que je vous traduis.

Hildegard von Hessen am Rhein

Analyse de Jens Berger du 5 avril 2016 :

Ce matin, je me demandais, d’après les nouvelles du jour, ce qui allait se passer avec ces documents en provenance du Panama qui ont été montés en épingle mondialement par les médias. Suite aux expertises de lecteurs avisés qui viennent confirmer ce que je pense, incessamment sous peu, nos chers médias vont bientôt « trainer le prochain cochon » à travers le village, sans que les clients de Mossack Fonseca n’aient de soucis à se faire. D’après la situation actuelle, aucune des administrations fiscales n’auront l’occasion de consulter les données. Comme l’indiquait déjà le Guardian, les médias participants et institutions ont respecté la sphère privée des entreprises « boites à lettres. » Les vrais hommes de l’ombre se trouvent dans les rédactions des groupes médias. Les Panama Papers sont avant tout et surtout, un flambeau pour lanceurs d’alertes de données explosives, destinées à nourrir des groupes médiatiques et non une vraie plateforme comme Wikileaks. Qu’on-t-ils appris à travers les Panama Papers ?

Que les élites africaines, russes, ukrainiennes et asiatiques sont corrompues ? Cela était connu bien avant les Panama Papers. Naturellement, il est toujours salutaire que ce genre de machinations obscures du système financier international soient exposé, pour au moins quelques jours, ce qui permet d’ouvrir les débats également sur le plan politique. Que suite à ces débats, aucun progrès ne sera enregistré, appartient également au jeu établi. Dans les prochaines semaines, apparaitra un autre « sujet du jour » et le mois suivant, personne ne se souviendra même de l’orthographe de Mossack Fonseca.

Ce sont des rituels immuables de notre « économie de surveillance » auxquels il convient de ne rien changer. Ce serait tellement déloyal d’utiliser « l’affaire » des Panama Papers pour rompre ce rituel établit ... !

Regardons l’affaire d’un peu plus prêt : Qu’aurait fait de ces données un journalisme qui fonctionnerait ? J’ajoute qu’il faudrait se poser la question sur la signification d’un « journalisme d’investigation ». Il est établi que le ICIJ « The International Consortium of Investigative Journalism », fédérateur global des Panama Papers, a confondu le journalisme d’investigation avec un journalisme de données. Cette nouvelle forme de journalisme s’empare d’une banque de données, regarde avec l’aide de filtres et de mots de recherches, afin de trouver des infos qui pourront faire les gros titres. Ce qui est peu onéreux et promets de bons rapports et un grand nombre de clicks. En revanche, recouper les liens, vérifier et débusquer coûte très cher, même les grands groupes médias doivent épargner. Les 11,5 millions de documents des Panama Papers concernent 214.488 entreprises « boites à lettres », derrière lesquelles se dissimulent 14.000 personnes. D’après la situation actuelle, aucune de ces 14.000 personnes ne sera jamais traduite devant les tribunaux pour leurs méfaits. Cela a ses raisons. Dans un grand nombre de cas, les services de Mossack Fonseca n’ont rien d’illégal. Prenons le cas du client le plus éminent. Salman Al Saoud, qui est le roi absolu de l’Arabie Saoudite. En tant que tel et selon le proverbe : « L’Etat c’est moi », il se trouve de fait au-dessus de lois de l’Arabie Saoudite. Les lois ne concernant pas Monsieur Al Saoud. Il n’est de fait pas un fraudeur fiscal, puisque l’Etat, c’est lui ! Ou est donc la valeur de l’information, lorsque la Süddeutsche Zeitung et autres confrères annoncent que Salman possède une société « boite à lettre » sur les iles Vierges ? Même dans d’autres cas, la valeur de l’information n’est que l’information elle-même. Cela est à mettre sur le compte, qu’actuellement, nous n’avons à faire qu’à des rapports de presse, dont le contenu ne peut être considéré comme preuve par aucun tribunal du monde. Tant que les données des Panama Papers n’arrivent pas dans les mains d’enquêteurs nationaux ou internationaux, ces « révélations » n’auront aucune suite pratique.

En tout état de cause, les groupes médias concernés par « l’affaire » ont utilisé ces trésors de données pour augmenter leurs tirages. Une question cruciale se pose. Pourquoi aucun nom américain ne se trouve parmi les « accusés » ? Pourquoi, si bien la Süddeutsche Zeitung que le Guardian ont-ils utilisé ces données pour les transformer en une bruyante propagande anti Poutine ? Pourquoi ne publient-ils pas les données brutes ?

On ne peut que conseiller aux lanceurs d’alertes de contourner ces groupes médias qui sont gérés par le ICIJ. En effet, pour mémoire, le ICIJ & Co. se sont déjà distingués impunément en forfaitures dans les Offshore-Leaks, les Luxemburg-Leaks, les Swiss-Leaks.

Celui qui veut vraiment agir efficacement doit publier ses documents sur Wikileaks. Seulement de cette manière, une valorisation transparente et démocratique pourra être possible.

Traduction: Hildegard von Hessen am Rhein

 

 

 

 

 

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