Londres en état de houllebecquisation et les insectes para-littéraires.

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01/05/2016

Chronique n°62

 

Un sondage

          Les sondages (outil constitutif de l’opinion publique, laquelle est le fantôme des peuples désormais inexistants des « démocraties libérales ») donnent pour vainqueur, à la marie de Londres, un musulman d’« origine » pakistanaise. Commentaires de la propagande (dont les sondages sont le bras armé) : ce serait une magnifique réponse aux attentats qui ont secoué la capitale britannique, il y a une dizaine d’années. Cet irénisme sélectif (car la « réponse » ne s’étendrait pas aux récents attentats qui ont eu lieu dans le reste de l’Europe) ne trompe que la classe bobo ; en vérité l’élection du musulman s’inscrirait dans une stratégie de conquête, non dans une ambition personnelle. Davantage : si on a souligné que le challenger du musulman est juif et qu’il représente l’arrogance conservatrice face au « petit immigré qui s’est fait tout seul à force de courage et de ténacité », on a senti que la propagande était heureuse de jouer, en l’occurrence, le musulman contre le juif, le vieil antisémitisme trouvant à s’exprimer dans la dialectique musulman progressiste/juif conservateur et arrogant, entretenue par les islamo-fascistes et leurs domestiques. Un homme originaire du Pakistan, pays où les chrétiens sont persécutés et où on n’imagine pas qu’il existe un seul juif, cet homme saurait-il être un Britannique à part entière, dans un contexte de multiculturalisme d’Etat, sachant qu’un musulman ne saurait faire de la politique sans se séparer du Coran ni du prosélytisme, encore moins de la clientèle immigrée qui l’aura fait élire, et allant dès lors en sens inverse de la théorie de Carl Schmitt selon qui « presque tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l’Etat sont des concepts théologiques sécularisés » ? Transposée dans un cadre « républicain », une élection de ce niveau serait un pas de plus sur le chemin de la soumission imaginée par Houellebecq. Ce qui peut sauver, au moins symboliquement, la Grande-Bretagne, c’est qu’elle est un royaume, et qu’on n’imagine pas la royauté se prostituant à l’islam. Au moins les monarchies ont-elles cette chance.

            Pendant ce temps, une salle de prière musulmane a été incendiée à Ajaccio : Hollande et Cazeneuve haussent vertueusement le ton, apportant le soutien des « valeurs républicaines » aux « musulmans de Corse » (ils sont décidément partout, et nul ne se presse de noter que ce qui s’est passé à Ajaccio est un nouvel épisode de la guerre civile en cours). Une ministresse norvégienne a imaginé de se jeter à l’eau devant l’île de Lesbos afin d’éprouver ce que ressentent les « migrants ». Dans un lycée des Hautes-Alpes, un « enseignant » d’histoire et géographie a organisé, en partenariat avec la Croix-Rouge, un « raid » de 24 heures destiné à faire comprendre à ses élèves à quoi peut ressembler un « périple de migrants » – ce qui marque une nouvelle fois, la disneylandisation de tout phénomène politique, l’échec de l’Education nationale et le triomphe de la propagande pro-immigrée. Quant aux insectes para-littéraires, ils continuent à secréter contre moi leur fiel dans les organes médiatiques mis à leur disposition : ils me font de plus en plus penser à ces prêcheurs tarés ou hypocrites admirablement mis en scène par Erskine Caldwell et la très catholique Flannery O’Connor.

 

Richard Millet

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