La subversion soviétique aurait-elle vampirisée Michel Foucault ?

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Michel Foucault que j'ai connu fin des années 70 disait de moi, dans ce que l'on perçoit aujourd'hui, comme son délire, qui fut le mien, sans que je n'en sois vraiment consciente, que "j'étais une artiste de la vie."

L'icône déjà, Foucault, me déclarait cela très sérieusement. Avec le recul, ce n'est plus une flatterie, mais une infamie. Nous n'avions pas la boule de cristal et nous transgressions, chacun à notre manière les interdits. Lui, dans l'ombre de Sade, quand moi, j'étais dans la fête, que Philippe Murray, plus tard raillait de Festivus Festivus !  Foucault était pédé et moi, une femme hétéro, libre, sans aucune entrave, libre des hommes et de leurs fantasmes avec une aversion déclarée pour les féministes qui puaient des aisselles. 

Je vois encore un Jean-Jacques Lebel, qui mis en scène en 1967 : "Le désir attrapé par la queue" de Picasso,  qui fit scandale à Saint Tropez,  se pâmer devant Foucault, me reprochant de me fendre la pipe sur ses compliments. L'animal jouissif que j'étais n'avait cure des critiques. J'ai lu Foucault, à cette époque là, très jeune que j'étais, ses écrits me mettait mal à l'aise tout en me fascinant. J'étais un peu dans le brouillard Foucault. Autant dire que je n'y comprenais pas grand chose. Mais, instinctivement, nous étions de la même race, certes, pas au même niveau, pourtant, sans décalage. Quand lui était un pur esprit maléfique, j'étais un sexe et un tube digestif.  

40 ans après, si je devais relire Foucault que je serai capable aujourd'hui d'analyser, il faudrait qu'un ennui morbide m'envahisse, que je sois dans un état de dépression et, qu'aidée par ses écrits, je quitte définitivement le monde des vivants. 

Si aujourd'hui, je pense à mon passé et à Foucault, c'est qu'un auteur audacieux vient de s'attaquer à son mythe qui est en train d'entrer dans la Pléiade. Ce que je trouve fort de tabac. Celui qui a contribué à la déconstruction de notre système occidental bien établit et si bourgeois,  bourgeois lui-même, encensé par le politiquement correct dont il fut l'inventeur en quelque sorte. Le mec de la French Theory serait donc sanctifié ! Au secours ! Les générations qui ont suivis sont les produits Foucault avec leur mal vivre, puisqu'ils ne sont plus rien, plus personne, que cela est si profond, qu'ils recommencent à se chercher, sans arriver à trouver. A se trouver. Et nous sommes en 2016 ...

L'auteur de la démythification du chauve au col roulé, l'audacieux, s'appelle François Bousquet. Le titre de son ouvrage "infâme" pour les affidés de Foucault, est parut chez Pierre-Guillaume de Roux: "Putain de Saint Foucault" - archéologie d'un fétiche -. 

J'avoue que, du début à la fin, parfois, il m'arrivait de rire aux éclats sur la façon dont Bousquet démythifie le personnage. Je dois me rendre à l'évidence, loin du monde intellectuel, les ayant toutefois fréquenté, jeune, avec le recul, je me prends aussi à rire de moi-même.

Alors, chères lectrices et lecteurs, pour vous régaler de ce méchant pamphlet de déconstruction du déconstructeur, il me semble que c'est un must, de le lire.  Car, à la fin, je me demande si le système soviétique ne fut pas plus intelligent que le très intelligent, subtile, écrivain-poète,  professeur au Collège de France, Foucault, qui me semble avoir été victime de la subversion moscovite sans qu'il ne s'en aperçoive, en la saupoudrant d'ingrédients sadiens. Et aujourd'hui, nous savons que Sade n'est pas l'homme que Foucault ou Pasolini ont voulu nous vendre à l'époque. 

Une explication se trouve, je le crois, dans les déclarations de l'ancien transfuge du KGB, Yuri Bezmenov, dont je remets la vidéo en lien avec sous-titre en français. Si PG de Roux me lit, il me trouvera délirante, mais qui sait ? Pas tant que ça ! En occident, on trouvait Foucault un intellectuel sans comparaison, qu'en était-il de la subtilité de la subversion soviétique ? 

Hildegard von Hessen am Rhein

La subversion soviétique aurait-elle vampirisée Michel Foucault ?

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