De Gourevitch à Millet, la messe est dite et personne ne bouge ! Tragique pays que la France !

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Chronique n°104 du 25 octobre 2016

 

 

Les Bourgeois de Calais.

 

Il en va de la « jungle » de Calais comme des installations de l’art contemporain : vient un moment où on les démantèle et les oublie…

            La comparaison n’est pas spécieuse : j’avais écrit ici même que les migrants sont un « cliché » ; il me faut ajouter qu’ils sont aussi une œuvre d’art contemporaine – une installation qu’on fait mine d’aimer ou de trouver « intéressante » (boboïque euphémisme signifiant qu’on s’en moque mais qu’on est soumis à un devoir d’admiration). Quant à ceux qui franchissent la Méditerranée, ils relèvent plutôt de la « performance », ce qui est encore plus up to date, paraît-il ; d’aucuns diraient aussi que c’est un ballet parfaitement chorégraphié par les passeurs, les trafiquants de chair humaine, les sauveteurs, les politiques et le chœur des pleureuses et activistes d’une « ultra gauche » stipendiée par le gouvernement socialiste, qui les accueillent sur la musique qu’on sait.

            Je suis néanmoins frappé que la gent journalistique, qui passe pourtant beaucoup de temps à Calais (mais qui est inculte, il est vrai), n’évoque jamais les Bourgeois de Calais, ce groupe statuaire commandé à Rodin et installé dans cette ville en 1895 : il honore la mémoire de six Calaisiens destinés à être sacrifiés par le roi d’Angleterre, Édouard III, qui assiégeait la ville depuis des années, en échange de sa mansuétude à l’égard de la ville. Ce rituel de reddition sacrificielle est pourtant riche d’enseignements et le parallèle avec le Calais d’aujourd’hui non dépourvu de pertinence : c’est toute la population de cette ville martyre qui est, depuis des années, assiégée par des hordes de Sarrazins, d’Africains, d’Orientaux divers, qui guettent non plus un passage vers les prairies et les fumées d’Albion, mais leur installation définitive sur le territoire de l’ancien royaume de France dont le gouvernement somme les citoyens de se soumettre à une reddition perpétuelle. Ainsi Calais est-elle devenue, entre délire boboïque et cynisme libéral, le symbole de la faillite migratoire comme de l’imposture immigrationniste : un Bronx en miniature, une Grande Borne à ciel ouvert, un Fukushima de la néo-colonisation de la France par des hordes extra-européennes.

                 Comme tout phénomène contemporain, la « jungle » de Calais est aussi une métaphore creuse : tous les discours s’y engouffrent, comme les vents de la Manche dans les rues de Calais, et seule demeure la doxa gauchiste, spectaculaire, doloriste.

          Le démantèlement de cette installation implique donc la dispersion, la répartition et le relogement des migrants selon un plan gouvernemental qui rappelle tout à la fois l’époque de la Collaboration et celle du colonialisme, à ceci près que tout est inversé, donc confus, mais non moins autoritaire. Voilà donc les migrants envoyés repeupler les villages et bourgades de la province profonde qui n’étaient pas encore atteints par la maladie migratoire. Nul doute que ces migrants n’y trouveront pas les vertus de la campagne et du bon air : ils feront tout pour rejoindre les grandes villes où leurs semblables tiennent déjà le haut du pavé, dans les banlieues comme en pleine ville, par la vertu de la « mixité sociale » et du « vivre ensemble » rendus effectifs manu militari*.

                 Ce qui serait un moindre mal ne fera en réalité que renforcer l’islamisation de la France, puisque la majeure partie des migrants sont des musulmans qui vont s’ajouter aux autres, exigeront des mosquées, la charia, l’apartheid féminin, etc. N’oublions pas non plus les soldats de l’État islamique, qui transitent par les mêmes canaux, et qui convertissent, endoctrinent, et arment les désœuvrés institutionnels, pendant que les bobos et les petits-bourgeois veulent faire la fête pour oublier qu’ils sont déjà morts, en attendant la chute de Mossoul, d’Alep et de Raqqa.

            Deviendrons-nous des bourgeois de Calais, nous autres, esprits libres qui ne croyons pas un instant que ces réfugiés rentreront un jour chez eux ni qu’ils s’intègreront ? Ferons-nous comme ces Allemands qui, devant le crime organisé contre son peuple par Merkel, s’exilent dans la Hongrie de Orban ? Du moins ne serons-nous pas des bobos de partout et compterons-nous les morts des prochains attentats.

 

* Ainsi, dans le RER A, hier, en fin d'après-midi, cette famille de Noirs lusophones, une femme, deux hommes, un enfant, montant à Chatelêt-Hallal, et s'installant comme s'ils étaient à Calais, en parlant très fort, faisant chanter non moins fort de la musique sur leur téléphone mobile, sans bien sûr tenir compte des autres voyageurs dont pas un n'osait bouger, et qui quittaient le wagon au plus vite...

 

Richard Millet

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