La carrière du Général Flynn ne fait que commencer !

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Voilà une analyse que j'approuve totalement ! A ma manière je disais dans une chronique sur le Général Flynn que son éviction n'était que de l'enfumage pour calmer les néocons passagèrement. Voilà que Jacques Bordes, plus autorisé que moi, exprime une analyse qui va dans le sens de ce que je pensais. La carrière du Général ne fait que commencer.

Hildegard von Hessen am Rhein

 

Enfin ! Le camp démocrate peut s’enorgueillir d’un succès en demi teinte. À force d’articles biaisés, mensongers, mais répétés, le National Security Adviser, le lieutenant-général (Ret) Michael T. Mike Flynn, a préféré rendre son tablier. Mais, n’en déplaise aux media caniveaux, en érection (intellectuelle) des deux côtés de l’Atlantique, une hirondelle ne faisant pas le printemps étasunien, le poste a aussitôt été pourvu et, in fine, l’administration Trump poursuit son bonhomme de chemin. 2ème Partie.

« Dans deux démocraties, la France et les États-Unis, on est en train depuis quelques temps et en ce moment même de réinventer les techniques du coup d’État. La grande nouveauté est le coup d’état médiatique et judiciaire, la seule différence c’est qu’en France il est préélectoral et qu’aux États-Unis il est aussi post électoral ! Traduction transformée, grosse manchette des journaux, omissions en série sur les candidats qu’on veut promouvoir, chasse aux sorcières, assassinat par calomnies, fascisme médiatique, Goebbels revu et corrigé ! ».
Eber Addad.

Vous n’avez pas l’impression de charger un peu la barque en accablant ainsi ceux de nos confrères qui attaquent l’administration Trump, notamment pour ses liens avec la Russie ?

Jacques Borde. Non, absolument pas. Nos donneurs de leçons dont on ne sait plus très bien s’ils sont germanopratins ou carrément munichois, seraient plus inspirés à dénoncer ce que Pierre Lellouche – un de nos meilleurs et vrais spécialistes des questions de géostratégie et de Défense, soit dit en passant – à défini comme, je le cite, la « politique néo-mollétiste d’Hollande en direction de l’Amérique ». Lellouche parlant, là, bien sûr de nos relations avec l’administration Obama.

Mais, il y a plus étonnant encore…

Quoi ?

Jacques Borde. J’ai du mal à comprendre, même si les pétrodollars golfiques sont une partie de l’explication, comment toute une clique nourrie à l’onanisme pacifiste béat des années deGuerre froide, a pu, intellectuellement parlant, passer dans le camp de la guerre occupé par les Démocrates.

Au fond, si l’on y pense bien, Flynn aurait dû les faire entrer en transe ! Pensez : un militaire, un vrai, un tatoué, leur disant que la meilleure chose à faire c’est :

1- de s’asseoir autour d’une table avec les Russes, au lieu d’amasser des armes de guerre face à eux.

2- de rayer définitivement de la carte, les criminels de guerre, assassins de masse et violeurs en réunion de Al-Dawla al Islāmiyya fi al-Irāq wa al-Chām (DA’ECH)1Jabhat an-Nusrah li-Ahl ach-Chām2, et tutti quanti.

Certains chèques devaient compter pas mal de zéros, ne pensez-vous pas ?

Donc vous niez toute crédibilité à leurs critiques ?

Jacques Borde. À peu près totalement, oui.

Je pense que le lieutenant-général (Ret) Michael T. Mike Flynn, avait, a contrario de beaucoup, une expertise de taille. Lisez aussi ce qu’a écrit  la Représentante démocrate, Tulsi Gabbard3, . Elle aussi une femme d’expérience. Elle aussi une démocrate, comme Flynn.
Sans doute ce qui a valu au premier la vindicte des bellicistes qui président désormais aux destinées du camp démocrate.

Rappelons que le fait d’avoir eu (cas de Flynn, en l’espèce) des contacts formels avec le représentant d’un gouvernements étranger (russe en l’espèce), n’est que la rupture d’un usage et non la violation d’une interdiction.

Contacts formels ou informels. Qui peut le dire ? Mais il se pourrait bien qu’il y ait des raisons bien moins avouables dans la campagne démocrate visant le général Flynn…

Et qu’est-ce qui se cacherait derrière ces attaques répétées ?

Jacques Borde. Les relations Washington-Jérusalem, pardi ! Ou, plus précisément, les relations qu’entendent tisser les administrations Trump et Nétanyahu. Je crois vous l’avoir  déjà dit : dans cette relation totem4 entre les deux administrations, il était évident, comptes tenus de l’intensité et la teneur des relations militaro-sécuritaires entre Jérusalem et Washington, que l’ex-National Security Adviser, Michael T. Mike Flynn, aurait eu un rôle clé dans ce new deal géostratégique entre les deux pays.

À ce titre, je vous rappelle que le Wall Street Journal a indiqué que l’administration Trump était « en plein pourparlers » avec plusieurs pays arabes pour créer une alliance du même genre que l’OTAN avec Israël pour écarter l’Iran et ses alliés chî’îtes. C’est, sans doute, aller un peu vite en besogne. Mais le nouveau président américain, semble lancer quelques lignes pour voir comment ça mord !

Flynn, verbatim le Wall Street Journal, « était lourdement impliqué dans ces pourparlers ». ainsi que le US Secretary of Defense, le général (Ret) James Mad Dog Mattis5, semble-t-il.

Vous sous-entendez que l’administration sortante a, délibérément, interféré dans les relations bilatérales israélo-étasunienne ?

Jacques Borde. Cela y ressemble fort en tout cas.

Notez également que le quotidien israélien de centre-gauche Ha’aretz a, lui, indiqué que Nétanyahu et Trump discuteraient d’un plan de paix régional dans lequel la question palestinienne ne figurera qu’en second plan. Trump ayant, d’ores et déjà, indiqué le peu d’intérêt qu’avait à ses yeux la solution à deux États6 !

Qu’en pensez-vous ?

Jacques Borde. C’est plutôt osé, effectivement. Mais, là, n’est pas la question…

Pardon ?

Jacques Borde. Revenons au cas Flynn. Je veux dire (la relation Israël/États-Unis  c’est un autre problème dont nous pourrons reparler). Ce que que je vous dis, c’est que si cela se vérifiait – un dossier dont pourrait se saisir l’Attorney general7, Jefferson B. Jeff Sessions III, je pense – ce trouble jeu serait d’une autre teneur que les apartés de Flynn (ou d’autres) qui, ça n’est pas moi qui le dit mais des media US, ont fait que c’est sur la foi de ses échanges avec l’ambassadeur russe que Vladimir V. Poutine aurait choisi de ne pas répliquer aux sanctions prises par Barak Obama en représailles aux prétendues cyberattaques russes.

Comme l’a d’ailleurs souligne, le président lui-même, ces fuites sont des « actes criminels ». Car, « Le vrai scandale c’est que des informations classifiées soient ainsi données illégalement par les renseignements, comme des bonbons ! Très anti-américain ».

Ce que vous avancez est d’une extrême gravité ?

Jacques Borde. Je ne vous le fait pas dire !

D’un coté, nous avons le lieutenant-général (Ret) Michael T. Mike Flynn, désamorçant la tension avec Moscou et persuadant la partie russe de ne pas exercer de représailles contre les États-Unis, ce qui, désolé de le souligner aux nostalgiques de l’administration Obama, revient bien à servir son pays.

De l’autre – et ce que l’on est en droit de penser de la situation au Levant et des relations bilatérales israélo-américaines, n’y change rien – nous avons des membres d’une administration qui viennent de perdre le pouvoir saboter, en toute connaissance de cause, la politique internationale choisi par l’administration montante. Donc du gouvernement légal de leur pays.

Le départ de Flynn : une erreur de Trump alors ?

Jacques Borde. Trump est un pragmatique. Ça a forcément des bons et de moins bons côtés. Mais, gardons-nous de juger nous n’avons pas toutes les cartes en mains.

À noter que lors de sa conférence conjointe avec Binyamin Nétanyahu, Donald J. Trump a pris la défense de Flynn. Des élus républicains commencent déjà à réclamer qu’on lui rende son poste. Apparemment, je ne suis pas le seul à lier son départ aux relations Washington-Jérusalem…

Quant aux cartes de Flynn étaient, quand même, de taille. D’où l’importance pour les ennemis de l’America First d’arriver à l’écarter.

Que voulez-vous dire ?

Jacques Borde. Prenez son passé, tout simplement : directeur de la Defense Intelligence Agency (DIA), commandant du Joint Functional Component Command for Intelligence, Surveillance & Reconnaissance et président du Military Intelligence Board du 24 juillet 2012 au 2 août 2014.

Avant, Flynn a été n°2 du Renseignement national. Poste où, il a œuvré pour un plus grand partage de l’information et du Renseignement et a été une figure centrale des opérations spéciales de Renseignement. Il est également le co-auteur du rapport publié par l’intermédiaire du Center for a New American Security intitulé : Fixing Intel: A Blueprint for Making Intelligence Relevant in Afghanistan8, qui critiquait la communauté du Renseignement pour son manque de compréhension du contexte socio-économique du théâtre d’opérations afghan.

Flynn a également collaboré aux magazines suivants : Small Wars Journal (SWJ)9, Military Review, Joint Forces Quarterly, etc., publications consacrée à la Défense ou au Renseignement. Je vous dis ça, parce que la plupart de ceux qui (surtout en France) le critiquent n’ont jamais lu une ligne de ce qu’il a écrit, pour peu qu’ils ont jamais entendu parler de ces titres !

Bien sûr, vous allez me dire que, vous, vous les lisez ?

Jacques Borde. (Sourire). Oui, comme d’autres. Mais irrégulièrement. Ça ne compte pas vraiment…

Sinon, Flynn a également été en charge du Renseignement au sein du Joint Special Operations Command (JSOC), et a servi en Afghanistan (Opération Enduring Freedom) et en Irak (Iraqi Freedom). Il a été directeur du Renseignement au US Central Command de juin 2007 à juillet 2008. Il devient ensuite directeur du Renseignement auprès du général Stanley A. McChrystal (lui aussi viré par Obama) au Joint Chiefs of Staff de juillet 2008 à juin 2009.

Postes où même ses pires détracteurs le créditent de la mise en place de techniques innovantes pour les interrogatoires et de mise en commun d’actions opérationnelles et Renseignement.

Du genre ?

Jacques Borde. Notamment des avancées majeures dans des opérations antiterroristes en Irak, Afghanistan et ailleurs contre Al-Qaïda et ses éponymes.

Tout ceci pour dire que, à mon humble avis, la carrière politique du lieutenant-général (Ret) Michael T. Mike Flynn ne fait que commencer !…

La carrière du Général Flynn ne fait que commencer !

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